Quand course exotique rime avec course à fric
Ah ! la-la ! Enfin, nous démarrons une nouvelle saison de cyclisme ! Et comme chaque début d'année, avant de rentrer dans le vif du sujet au mois de mars avec les premières courses importantes comme le Paris – Nice et le Tirreno – Adriatico, les mois de janvier et février sont plutôt le théâtre de courses dites exotiques aux quatre coins du monde. Mais, au-delà de cet aspect, ces courses ont aussi pour objectif de remplir les caisses de l'UCI...
Le Tour Down Under, le Tour du Qatar, le Tour du Langkawi, autant de courses mineures qui squattent le début de saison au calendrier de l'UCI... On pourrait poser la question « Allez-vous au Qatar ou en Malaisie pour remporter le classement général ? » à l'intégralité du peloton, nous n'aurions pour réponse qu'un sourire en disant long sur les intentions des coureurs. Car il faut bien reconnaître que ces courses n'ont aucun intérêt sur le plan sportif, si ce n'est pour les sprinters qui ont souvent la possibilité de faire le plein de victoires.
Ces courses ont un parcours plus que monotones. Au Qatar, toutes les étapes se terminent en effet par un sprint massif. Et même lorsque les organisateurs ont voulu insérer un contre-la-montre par équipes en guise de prologue l'an dernier pour donner une dose de spectacle, cela n'a pas marché... En même temps, le tracé faisait à peine 3 km et il était en ligne droite ! Olala, vous vouliez du spectaculaire, ce parcours vous en a donné... Le reste des étapes est également toujours en ligne droite, en plein désert (tiens faudrait y faire le Dakar un de ces jours vu que la course se délocalise n'importe où à présent). La seule chose que l'on peut espérer, c'est la présence de vent pour que des bordures soient créées. Mais bon, si un coureur perd 20 minutes à cause du vent, il n'ira pas pleurer sur Al-Jazeera en disant « olala, je crois que j'ai perdu le Tour du Qatar dans cette bordure... » Il n'en a que faire, il ira plutôt à Qatarbank, sur le dos d'un chameau, pour aller chercher son chèque.
J'ai pris l'exemple du Tour du Qatar, mais c'est exactement la même chose pour le Tour Down Under et le Tour du Langkawi. En Australie, les étapes sont presque toutes plates et, lorsque les organisateurs placent quelques côtes, ça n'empêche pas le retour du peloton pour un énième sprint massif. En Malaisie, il y a bel et bien une étape de montagne, voire deux si nous croisons les doigts des mains et les doigts des pieds en même temps, mais c'est bien peu lorsque l'épreuve dure 10 jours comme cela a été le cas par le passé (la course ne comptera plus que 7 étapes cette année).
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Mais alors pourquoi avoir inscrit au calendrier ces courses aux Antipodes et au Moyen-Orient ? C'est le moyen que l'Union Cycliste Internationale a trouvé pour se remplir les poches. Reprenons l'exemple du Qatar (j'adore ce pays, vous aurez remarqué) ; après avoir organisé un Grand Prix de Moto, après avoir permis l'organisation d'un tournoi de tennis aussi lucratif qu'un tournoi du grand chelem, et après avoir implanté des stations de ski en plein désert (si, si, ils l'ont vraiment fait), le domaine princier se sentait obligé d'avoir une course cycliste. Inutile de dire que la somme qu'ils ont versé à l'UCI devait être très belle car ces pays sont prêts à tout pour se développer sur le plan sportif. Au final, tout le monde y trouve son compte... Certains coureurs touchent également une belle somme en cas de participation à la course. Tous les coups sont donc permis pour avoir les meilleurs coureurs possibles au départ...
Il y a une petite dizaine d'années, la première édition du Tour Down Under avait lieu dans le sud-est de l'Australie. L'UCI avait alors tout fait pour que cette course se développe dans le but d'internationaliser le cyclisme. Mais combien d'argent le gouvernement de cette région a-t-il donné à l'instance internationale pour développer la course. Il faut tout de même signaler que cette course a fait son entrée au calendrier du Pro-Tour l'année dernière, ce qui lui a permis d'accueillir les meilleures équipes du monde. Ce fut de la bonne publicité pour l'épreuve. Mais que dire de l'édition 2009 qui fait déjà énormément parler d'elle depuis plusieurs mois grâce / à cause du retour à la compétition du boss du peloton, j'ai nommé Lance Armstrong.
Enfin, le Tour du Langkawi (que j'ai l'habitude de minimiser en le renommant Tour du Kiwi) a lieu en Malaisie. Ce pays d'Asie du Sud-Est fait partie des 4 pays Dragons, au même titre que l'Indonésie, la Thaïlande et les Philippines ; c'est-à-dire que c'est un pays en plein développement et qui veut se développer dans tous les secteurs. Certes, en comparaison avec les autres pays que j'ai cité, la Malaisie est déjà assez riche et prospère, et l'UCI a donc là aussi trouvé son compte en trouvant un accord pour l'organisation d'une course dans cette zone du monde.
Pour conclure, même s'il faut reconnaître qu'une course en Australie, au Qatar ou en Malaisie a un côté très exotique, surtout placé en début de saison vu qu' il fait trop froid en Europe pour courir, l'intérêt sportif reste très amoindri à cause d'étapes monotones où il ne se passe pas grand chose et où le spectacle est quasi inexistant. L'Union Cycliste Internationale reste la grande gagnante de ces courses exotiques car les sommes versées par leurs organisateurs sont relativement conséquentes pour selon que ces courses ne sont en aucune manière populaires. Ou quand course exotique rime avec course à fric...
(Article leprotour2008 ©)